Mémoires d'amour

Écrit par Coralie CADINOT. Publié dans Littéraires

*Recueil de deux poèmes libres*"La mémoire de deux hommes, mais surtout de deux cœurs différents. La mémoire nous permet de nous remémorer des images, nous rappeler des instants uniques de notre vie. La mémoire nous raconte tout une histoire, souvent la nôtre. Mais elle nous raconte aussi l’Histoire, car la mémoire est au sens large les mémoires, et c’est par là se souvenir des guerres et attentats, se souvenir que dans le monde il y a des femmes qui se battent pour leurs droits, des jeunes qui se battent pour leurs rêves, et que tout ce beau monde respire, aime, voyage, défie, aime, se défie, perd, aime, gagne, et aime, et aime, et ne respire plus." - Coralie Deburak CADINOT

 

A Jeanne, Ma marquise

Un pas, le bruit de la pluie, deux pas ici et là, va vite ! va t’en !
Mieux vaut vivre sans un remord
Je partirai à ta poursuite mon ange, mon coffre fort
Comme cette main languissante, sur ta peau t’aimant
 
Te souviens-tu Jeanne, rappelle-toi Jeanne
Comme nous traversions les âges de nos bêtises
Je venais sur tes joues rouges te claquer la bise
Tu m’enlaçais avec envie, piane-piane ma Jeanne
 
Le soleil se lève sur tes formes enveloppées
Le soleil adore tes joues, que mes yeux caressent
Descendant sur tes rives –mais quelle finesse-
Je te mire sans fin tant tu es Beauté
 
La pluie suivait mes pas jusqu’à toi
Les parapluies marchaient lentement
Je courais tel un insensé à toi vitement
Des marches, tu étais en bas
 
Tes cheveux ont le goût du sel
Face à cet océan d’amour, à ce monde de passions
Tu es mon île, et moi Dantès ton compagnon
Aime-moi que rien d’autre n’existe que le ciel
 
Te souviens-tu Jeanne, rappelle-toi Jeanne
Comme nous traversions les âges de nos bêtises
Tu venais dans mes bras jouer les marquises
Et j’étais ton bourgeois gentilhomme Jeanne
 
 
Sous cette lune pleine et dorée
Tu ris de ces yeux plissés et pétillants
Mon Dieu, tuez-moi qu’elle ne me tente pas tant
Elle et ses préciosités
 
Ton souffle dans la nuit bleue
Semble me vouloir ardemment
La danse nuptiale de ton petit corps s’éprend
Et je me laisse bercer dans la chaleur de tes yeux
 
Mon Dieu, une fois, deux fois, trois fois
Non ça n’est pas assez !
Ta peau encore, plus fort, en quantité !
Dis-le-moi encore, ces deux mots qui trahissent ma foi
 
Te souviens-tu Jeanne, rappelle-toi Jeanne
Ô comme nous étions vaillants et fous !
Ma tendre, mon idyllique, et tout ce flou
Je me souviens, et toi et toi Jeanne
 
Sous cette cascade sublime, nous nous emmêlons
Sans fin, arrosés de cette eau revigorante
Tu me touches un peu plus, là et ici tu me hantes
Et rien n’arrive à me faire retrouver raison
 
Je me rappelle de tout cela vois-tu
Et j’en suis mort d’amour, mort d’une vague sentimentale
Je te voulais être fidèle et loyal
Mais il est de ces jours où des assassins sont dans les rues
 
Une voiture vint de ses chevaux armée
T’ébranler, te faire valser pour mieux te tuer
Et tu ne vis point ta mort arriver
Trop occupée à me regarder avec défi inaltéré
 
 
Tu te souviens de mon cœur Jeanne
Comme anéanti par ta flèche sensuelle
Hier encore tu étais si champêtre et si belle
Et je pleure devant ta tombe Jeanne.

 

La promenade enfermée dans l'écrin

Les roses pleuvaient sur ton corps
Vous étiez belle et gracieuse
Ce jour de Mai. Vos yeux étaient d’or
Vos mains de voile tant elles étaient doucereuses.
Tu étais amie de la nature gassouillant
Marchant, les mains unis nous nous aimions
Et vous me regardiez, si charmante
Et vous m’embrassiez sur les joues.
Vous étiez ma femme
Et j’étais un peu ton amant
Discrets mais pas trop dans ces champs
A nous aimer de nos corps et nos âmes.
 
Je me souviendrai encore et en cœur
Comme j’aime à le dire
De ton magnifique et angélique sourire
A en faire tomber d’amour tous les mœurs.
Vous, mais tu m’as tué, m’as bien en main
Je me vois encore observer ta chevelure
Mon souffle haletant se perdant dans mon écrin
Là où nos souvenirs se conservent à la lumière des enluminures.